DISCOURS DE M. NICOLAS NZOYOUM, CHARGE D’AFFAIRES A.I.

DE L’AMBASSADE DE LA REPUBLIQUE DU CAMEROUN,

MONSIEUR NICOLAS NZOYOUM, A L’ OCCASION DE LA CELEBRATION
DU CINQUANTENAIRE DE LA REUNIFICATION DU CAMEROUN,

LE 18 AVRIL 2014.

Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement de la Transition, Représentant Personnel du Chef de l’Etat,

 Honorable Président du Conseil National de Transition

 Excellence Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,

 Excellence Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, Chefs de Missions diplomatiques et Consulaires,

 Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,

 Madame la Représentante, Présidente de la Délégation Spéciale de la ville de Bangui,

 Distingués invités, en vos rangs et qualités,

 Mesdames et Messieurs,

 Chers compatriotes ;

Je vous souhaite à chacun une chaleureuse bienvenue à cette célébration du Cinquantenaire de la Réunification du Cameroun.

Pour bien comprendre l'histoire de la réunification du Cameroun, sans doute faudrait-il revenir au lendemain de la Première Guerre Mondiale, lorsqu'après la défaite de l’Allemagne, le Cameroun, tout comme les autres territoires alors sous tutelle allemande, fut scindé en deux par la Société des Nations qui est l'ancêtre des Nations Unies d'aujourd'hui. La partie occidentale fut confiée à la Grande Bretagne alors que la partie orientale était mise sous tutelle de la France.


Après la Seconde Guerre Mondiale, dans la partie orientale, les revendications indépendantistes sont marquées par de violentes manifestations qui entraînent des milliers de martyrs camerounais et, le 1er Janvier 1960, cette partie sous administration française accédé à l'indépendance.


Parallèlement, la partie occidentale sous administration britannique elle aussi voit l'émergence de mouvements indépendantistes et réunificateurs. Pour résoudre définitivement le problème de l'indépendance et de la réunification, les autorités britanniques consultèrent les populations par un référendum qui eut lieu le 11 Février 1961. Les populations du Southern Cameroon optèrent pour l'indépendance avec réunification des deux Cameroun tandis que celles du Northern Cameroon se prononcèrent pour l'intégration au Nigeria.


Le 1 er Juin 1961, le Northern Cameroon devint indépendant et rejoignit le Nigéria tandis que le 1er Octobre 1961, le Southern Cameroon à son tour devint indépendant et se réunifia immédiatement avec le Cameroun oriental pour former la République Fédérale du Cameroun. Par un autre référendum le 20 Mai 1972, la République Fédérale du Cameroun qui avait deux étoiles sur son drapeau symbolisant les deux États, devint simplement la République du Cameroun, avec une seule étoile symbolisant l'unité retrouvée.


Voilà brièvement tracée, Excellences, Mesdames et Messieurs, l'histoire récente du Cameroun et notamment celle de sa réunification. Les difficultés et violences qui l'ont caractérisée rappellent celles dans lesquelles se trouvent plongée la RCA depuis quelques années.

Si les fils du Cameroun, de tribus nombreuses, de langues variées, de différentes cultures et religions, d'opinions politiques diverses ont pu dépasser leurs divisions et antagonismes, pourquoi les fils de ce beau et riche pays qu'est la RCA ne le pourraient-ils pas ? Oui ils le peuvent bien. Les efforts même conjugués de la MISCA, de SANGARIS, de l'EUFOR et demain de la MINUSCA ne porteront pas de fruit à moins que les centrafricains eux-mêmes, de différentes tribus et religions, déjà unis par une langue commune, s'acceptent, se retrouvent et sacrifient leurs ambitions politiques personnelles, même légitimes, pour se lever dans un impératif sursaut d’union nationale pour ramener la paix, la sécurité et, partant le développement dans ce beau pays.


Toutefois, nous pensons aussi que le chemin vers la réconciliation nationale passe nécessairement par la justice et qu'il est indispensable de mettre fin à l'impunité dont semble jusqu'à présent jouir les nombreux fauteurs de troubles et leurs instigateurs.

 


Quoiqu'il en soit, en ce qui concerne le Cameroun, pays ami, voisin et frère, ses relations avec la RCA ont de tout temps été désintéressées et mutuellement bénéfiques. Environ 300 000 centrafricains y vivent dans la quiétude et vaquent sans discrimination aucune tout comme les autres étrangers à leurs occupations. 140 000 réfugiés officiellement recensés par le HCR se sont récemment ajoutés, charriant avec eux de nombreuses difficultés auxquels se conjuguent de nouvelles formes d'insécurité liées aux fréquentes incursions de groupes armés centrafricains.

Ceci n'empêche néanmoins pas que mon pays se tient aux côtés des autres pays frères de la CEEAC et de la Communauté Internationale et apporte sa contribution multiforme à la solution de la crise actuelle. Il a notamment contribué avec un contingent d'environ 1500 hommes, militaires et gendarmes aux forces de la MISCA que dirige par ailleurs le Général Martin TUMENTA que vous connaissez tous. Le Cameroun vient de verser une somme de 05 milliards de FCFA dans le compte spécial ouvert auprès de la BEAC au profit de la RCA et de la MISCA. Et j'en passe.


En effet, mon pays pense fermement que le peuple centrafricain, avec à sa tête les autorités actuelles de Transition, issues de la mise en œuvre des accords de Libreville et de N'Djamena, méritent la solidarité sans faille de la Communauté Internationale pour l'aider à venir à bout de la crise multiforme que traverse ce peuple frère. C'est ce sentiment que Son Excellence Paul BIYA, Président de la République du Cameroun a exprimé à Son Excellence Mme Catherine SAMBA PANZA, Présidente de la Transition de la RCA, au cours de leur rencontre à Bruxelles en Mars dernier.


Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement de Transition,


Excellences,


Distingués Invités.


Mesdames et Messieurs,


Que Dieu vous bénisse tous, et qu'Il bénisse particulièrement la RCA.

Je vous remercie de votre aimable attention